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madagascar

 

Si j'évoque Madagascar, c'est parce que ma mère y est née, que mon grand-père et l'un de ses fils y sont enterrés et que mon grand-oncle y a construit sa vie. Il a connu la Reine Ranavalona III, il a travaillé avec son Premier Ministre Rainilaiarivony, il a habité la maison de Jean Laborde, il a épousé une jeune femme malgache et leurs descendants sont mes cousins de Madagascar.


quelques photos emblématiques


carte de Madagascar drapeau malgache Madagascar par satellite
régions de
Madagascar
drapeau et devise
Liberté Patrie Progrès
Madagascar
par satellite
photo baobab photo ravinala photo vanillier
baobab
de Madagascar
ravinala
l'arbre du voyageur
vanillier
variété d'orchidée
photo lemurien de Madagascar photo zebu photo baleine
90 % des lémuriens
vivent à Madagascar
zébu omniprésent
dans la vie quotidienne
malgache
les baleines à
Madagascar
de juin à octobre

C'est la quatrième plus grande île du monde après le Groenland, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Bornéo.

À 300 kilomètres de l'Afrique, Madagascar est une île d'environ 600000 km2, grande comme la France et la Belgique réunies. Du Nord au Sud, elle mesure 1600 km. c'est la distance de Dunkerque à Alger. Antananarivo (Tananarive) est sa capitale et la Betsiboka, son cours d'eau principal. Des îles et archipels entourent Madagascar dont l'île Maurice, les Seychelles, les Comores, l'île de la Réunion.

Appelée aussi l'Ile rouge pour sa terre latéritique, riche en hydroxyde de fer et en alumine qui devient rouge et glissante sous la pluie.


Un tout petit peu d'histoire de la France à Madagascar

En 1883, la France occupa Tamatave et Majunga. Deux ans plus tard, elle obtint la permission de s'installer à Antseranana. Par le traité de 1885, la France imposa à l'île un quasi-protectorat, puis un général français s'installa à Tananarive avec une escorte militaire et représenta officiellement Madagascar dans ses relations extérieures. Le protectorat français fut reconnu, en 1890, par la Grande-Bretagne et l'Allemagne, mais il fut refusé parle premier ministre malgache Rainilaiarivony. En représailles, Paris envoya des troupes (15 000 hommes) à Tananarive.


Mon grand-oncle Calixte Savaron à Madagascar

C'est dans un contexte politique tendu que mon grand-oncle arriva à Madagascar, au port de Tamatave le 5 novembre 1885

Un mois plus tôt, à Brest, il avait embarqué sur


Le Chandernagor

(cargo lancé en 1882, affrêté par l'Etat pour le transport de militaires
pour l'expédition de Madagascar en 1885)


paquebot Chandernagor


Il est resté quelques temps à Tamatave puis il demanda à faire partie de l'escorte qui devait accompagner Monsieur Le Myre de Vilers , Représentant de la France, jusqu'à Tananarive, où ce dernier devait être reçu en audience par le Premier Ministre Rainilaiarivony.


Il apprend le malgache

"Dans l'idée que je resterai un jour à Madagascar, je m'étais mis tout de suite à apprendre la langue du pays. J'avais fait confectionner trois tableaux noirs, un pour la cuisine, un pour la salle à manger et un autre pour ma chambre. J'y inscrivais en grandes lettres, à la craie, les mots que je voulais retenir ; je les avais ainsi devant les yeux sans le vouloir, et les remplaçais par d'autres aussitôt que je les avais retenus.

Ayant bonne mémoire, les grammaires, vocabulaires et interprètes aidant, je pus bientôt m'exprimer en malgache et même traduire des passages de la Bible"


Il est bâtisseur

En 1886, Monsieur Le Myre de Vilers décide de la construction d'un palais avec dépendances où put résider dignement le représentant de la France. Le Premier Ministre lui proposa pour une location de 50 ans un emplacement mal situé (pour lui) incommode, un infect cloaque ! Le Représentant français accepta et se promit de mener les travaux avec la plus grande célérité

Mon grand-oncle raconte :

"J'aidai d'abord Monsieur Rigaud dans les premiers travaux, mais il fut bientôt accepté par le Premier Ministre comme ingénieur du Gouvernement malgache en remplacement de Mr Laborde. M. Le Myre de Vilers répugnant à employer un architecte anglais, je fus désigné pour le remplacer

Il fallait aller vite, ce fut bientôt une fourmilière. En même temps qu'on clôturait le terrain, on nivelait la partie haute et on assainissait, en la drainant la partie basse qui voisinait Anosy. Puis on commença à édifier les bâtiments qui sont au nord de la Résidence. En quelques semaines, le terrain fut nivelé par étages, le marais desséché, pendant que la propriété tout entière était clôturée et que s'élevaient les premiers bâtiments. Il fallait des cents milliers de briques, des centaines de mètres cubes de pierres, des bois en quantité."

Il réussit à faire construire ce palais en un temps record. Mon grand-oncle à l'époque avait 24 ans et était sergent !!!


Il est chercheur d'or

Fin 1887, mon grand-oncle fut envoyé par le Gouvernement malgache pour se rendre compte des travaux d'or commencés depuis quelques mois à 35 kms environ au sud de Tananarive (à l'époque de la royauté, au 19ème siècle, la terre était propriété du souverain. L'extraction de l'or et des gemmes donnaient lieu à de grandes cérémonies avec spectacles de hira gasy et kabary).

A son retour, Monsieur le Myre de Vilers le fit appeler et lui dit :

"J'ai beaucoup d'affection pour vous. Puisque vous avez l'intention de rester ici, je veux vous mettre à même de choisir entre le mirage de l'or et quelque chose de plus positif. J'ai l'idée de créer ici une maison de commerce destinée à fournir aux Malgaches tout ce qui concerne les constructions. J'ai pensé à vous; je suis convaincu que vous réussirez.

Mais j'avais trop d'imagination, trop lu de livres d'aventures. J'avais déjà la fièvre de l'or. J'optai pour l'entrée au service du Gouvernement malgache.

Allons, bonne chance, me dit Mr Le Myre de Vilers, lorsque j'allai lui rendre compte de ma détermination ; je souhaite que vous n'ayez pas à regretter mon offre.

Je devais hélas ! la regretter."

Au début de 1888, définitivement employé du Gouvernement malgache, il est parti pour les gisements de Betaimby où sa femme est venue le rejoindre, mais quelques temps plus tard tous les deux eurent la fièvre et mirent plusieurs mois à s'en remettre, malgré les doses massives de quinine. Lorsqu'ils sentirent qu'ils pourraient faire le voyage, ils partirent pour Tananarive, puis ils revinrent au Betaimby.

"Ma prospection avait porté ses fruits. Le travail marchait bien, la récolte de l'or était belle, je faisais des pesées de deux kilos par jour, mais le Betaimby fut englobé dans la concession Suberbie.

J'allais quitter le Betaimby avec quelques regrets, j'y avais vécu de la vie que j'avais rêvée. Je n'avais pas eu le temps de m'ennuyer. La fièvre de l'or me tenait." L'or contenu dans les caisses était déposé dans le lapa (maison royale) où des gardiens le veillaient soigneusement. L'or fut apporté au Palais en grande pompe."

 

Il fut libéré du service actif le 5 avril 1889

Il fut alors chargé par le Gouvernement malgache d'organiser les mines d'or du sud de l'Imerina et du nord de Betsiléo. Elles étaient moins riches que le Betaimby et il eut à surmonter de nombreux problèmes et en avril 1890, la direction des mines d'or lui était retirée, la recherche de l'or étant dorénavant libre et sans le contrôle des Européens.

Le Premier Ministre lui fait dire qu'il était content de lui et qu'il l'occuperait à Tananarive. Il le chargea de la création des communs de son palais, de l'aménagement de Tsarasaotra et enfin des constructions des parents de la Reine Ranavalona III

 

Il habite la maison de Jean Laborde

En 1891, il alla habiter à Ambohitsirohitra dans l'ancienne maison de Jean Laborde gascon d'Auch.

"la première maison bâtie en terre à Tananarive, qui rappelait celles du sud-ouest de la France.

photo maison de J.Laborde

Elle avait fort bon air, avec le toit de chaume en avancée formant vérandah et les toits pointus de ses tourelles - elle était différente des autres maisons de Tananarive - les Malgaches n'en ont pas compris la beauté et ne l'ont pas copiée, ils ont préféré le modèle des cottages anglais.

Dans le jardin, il y avait deux beaux chênes plantés par Monsieur Laborde (on déjeunait souvent à l'ombre du plus beau). Il y avait aussi des amandiers, des oliviers, des cerisiers du Japon, des mûriers, de la vigne, tous importés par M. Laborde"

UN AUTRE AVENIR

"En 1893, le Premier Ministre ne m'occupant plus, je dus chercher à me tirer d'affaire."

Il fut employé dans une maison de commerce, dresseur de boeufs, prospecteur pour le compte de l'agence du Comptoir National d'Escompte, fit une pause en allant faire un voyage avec un ami dans l'est du pays. Il avait emmener de quoi peindre.

Puis ce fut l'abolition de l'esclavage, la rébellion malgache, la guerre, l'arrivée du général Gallieni qui, devenu gouverneur, entreprit la "pacification" et l'unification de l'île avec le concours du colonel Lyautey.

Le 30 septembre 1895, Tananarive fut militairement occupée, le Premier Ministre Rainilaiarivony, exilé, et la Reine Ranavalona III, détrônée et exilée.

L'île de Madagascar devint officiellement une colonie française en 1896.


Mon grand-oncle est resté à Madagascar. Il y est enterré avec sa femme et ses enfants.

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